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Black Ice - L'Album [Vos avis]

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Phil77
 
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Re: Black Ice - L'Album [Vos avis]

Messagepar Phil77 » 12 Déc 2017, 20:53

:/: :diable: En dehors des chemins verglacés et du givre :diable: :/:

Posons les bases.

Je l'avoue, la mort de Malcolm (et dans une moindre mesure celle de George) m'a fait replongé la tête la première, pieds et poings liés, dans la discographie du groupe. Y trouver des petites touches auxquelles je n'ai jamais fait attention, me conforter dans certains de mes avis, revoir certains jugements, il m'a fallu après ces événements douloureux pour la famille Young comme pour nous que je me retrouve dans ce qu'a pu nous donner ces quarante et pleines années. Refaire un énième tour complet des lieux, procéder au pèlerinage de décibels et y trouver le salut au bout du compte afin d'apaiser la pensée de l'inévitable ayant frappé et craquelé l'éclair entre le AC et le DC à jamais. Loin d'être cassé mais bel et bien fissuré dans son sang de Blues, sa chair Hard et jusqu'à sa raison d'être Rock'n'Roll, le logo magique et à part nous fera, et je pense pouvoir parler au nom de tous en ces lieux, vibrer de la même manière au simple regard que nous daignons lui envoyer. Il nous fait pénétrer dans un autre monde, une autre contrée, que seule nous autres sommes peut-être à même de comprendre et d'apprécier à sa juste valeur, avec tout ce que cela peut vouloir dire: les hauts, les bas, les temps forts, les erreurs, les souvenirs, les frustrations, les joies que nous pouvons tous partager sans même nous connaître réellement, juste par le biais de guitares à n'en plus finir et d'un poum-tchak binaire sans fioritures. Durant mes nouvelles écoutes des albums, dans divers contextes et états d'esprit, j'ai compris une chose: pourquoi j'aime AC/DC depuis le Stiff Upper Lip Live et mes cinq/six ans. J'ai compris, mais je ne pourrai pas vous expliquer pourquoi avec des mots car cela m'appartient et relève de la construction de ma personnalité que j'estime encore aujourd'hui, lors des premières journées de sa vingt-deuxième année d'existence, de légèrement inachevée. Ça ne saurait tarder. Je tâte ça du doigt. Je vais toucher au but.

Tout ceci est une question de temps, de passion et de cœur que l'on partage entre d'autres groupes, qui nous ramènent inévitablement vers le nôtre. Écouter Deep Purple me renverra toujours vers Iron Maiden qui, lui, me fera toujours retourner à coup sûr vers AC/DC. Savoir pourquoi est essentiel et je suis sûr que beaucoup d'entre vous savent comment cela marche. Quand on se retrouve face à AC/DC, la tête et les oreilles bercées par les accords typés du combo, on ne perd pas pied, au contraire, on se retrouve affublé d'une force herculéenne dont cette dernière nous fait sentir intouchable. On devient invincible, indéboulonnable, indétrônable, incontrôlable au plus profond de la conscience. On pense tout connaître, tout maîtriser, tout avoir vu, touché et sentir. C'est ce que j'ai pensé lors du début de mon chemin de croix électrique... jusqu'à ce que j'enchaîne Black Ice et Rock or Bust. Je n'ai jamais su me positionner concrètement vis-à-vis de l'aîné et j'ai toujours été très catégorique avec son cadet. Alors que nous approchons des dix ans du grand frère et que le petit dernier soufflera l'an prochain sa quatrième bougie, j'ai enfin pu placer mon curseur d'appréciation ce qui me conduit à rédiger une review de Black Ice, car il m'a semblé utile de le faire: déjà parce qu'un album passé ne meurt pas sous les coups de son successeur et qu'il fallait que je m'exprime, l'envie me dictant la marche à suivre.



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D'entrée de jeu, je n'ai pas besoin de revenir sur Rock N Roll Train. J'en connais ses moindres recoins, ses moindres détails, sa moelle m'est commune. Son riff introducteur, le lancement par Phil avec ce coup de tonnerre issu de sa batterie, les couplets, la montée en pression et la délivrance des refrains. En 2008, nous venions de mettre fin à huit ans de disette musicale en studio, en 2017, l'effet n'est plus le même: Rock N Roll Train est devenu un opener comme un autre dans la discographie mais restera cependant et à jamais associé à mes deux concerts du Black Ice World Tour. Sans le savoir, le titre m'invite à l'introspection, à me replonger dans des images que j'ai pu voir il y a maintenant bien longtemps et que je fantasme peut-être un peu aujourd'hui. Je suis cependant loin de me douter que celle-ci va se poursuivre durant les quatorze prochains titres. Skies on Fire me renvoie à la froideur caractéristique de l'album, mise en avant par la caisse claire très sèche et résonante durant les tous premiers instants. Nous sommes en phase avec un AC/DC se la donnant dans le léger, dans le groovy, dans la simple cause de son Rock qui est sien. Des années à tourner le dos à ce disque m'ont fait oublier ses qualités intrinsèques, la manière qu'il a pu, qu'il peut et je pense pourra encore nous captiver à l'avenir. Cet album est une véritable invitation à remettre en cause ce qu'on a pu dire et conclure pendant très longtemps, car l'oubli a malheureusement fait son œuvre. En revanche, l'oubli ne m'a jamais fait plier sous Big Jack: que j'ai pu être en quatrième lors de la sortie de l'album et de mon premier concert au SDF, en troisième lors de la seconde date ou maintenant stagiaire dans l'enseignement secondaire et élève dans le supérieur, ce Big Jack constitue encore à mes yeux l'exutoire de la tristesse. Prenant comme jamais, joyeux, les refrains sont de véritables claques s'accommodant d'absolument toute la lumière. Les couplets ne sont pas forcément mémorables, le solo peut se suffire à lui-même, même si ce dernier se retrouve un peu téléphoné, ce n'est pas grave. Ces refrains gomment tout. Ils sont efficaces comme jamais. Imparables. L'effet Kiss Cool est là, il me ramène une décennie en arrière.

Je n'ai plus vingt-deux ans, je vais bientôt en avoir treize. Je ne suis plus un jeune adulte, je vais devenir un adolescent sous peu. Certaines chansons font cet effet là, vous plongent dans des vieilles sensations que nous avons dû laisser derrière nous car l'âge a empiété dessus. Dans ce LP, c'est Big Jack qui revêt ce rôle et ce statut bien particulier pour moi. Nous savons tous ce qui nous attend après. Nous en avons encore peur, nous avons tant aimé marteler notre déception et notre rejet pour la grande majorité: Anything Goes. Vomir dessus a été un vrai passe-temps et j'ai bien crû pouvoir faire fi de son apparition dans mes enceintes. Je me suis trompé. J'ai eu tort. Je ne dirai pas que ce morceau a fini par enfin gagner ses lettres de noblesse, non, rien de tout ça, ce serait bien trop fort. En revanche, il s'est permis de me faire revoir la considération que je lui ai porté pendant presque dix ans. De simple titre "mauvais titre commercial", "le pire d'AC/DC" à petit titre sympathique tombant malheureusement à plat à cause d'une production qui ne lui correspond pas, il y a quand même un gouffre immense à traverser. Je me suis chargé de le franchir en une seule tentative, sans casse, ni bosse.

Le terrain est connu, le groupe nous ayant déjà fait le coup avec Get It Hot et par la suite avec ce qui deviendra Rock the Blues Away. Ranger ma fierté face à ce morceau a été l'élément déclencheur durant son passage. Il ne nous a jamais voulu de mal, faire ranger les vestes à patchs à ceux qui en possèdent, nous faire jouer contre-nature. Était-il programmé ainsi lors de sa conception ? On ne pourra jamais vraiment y apporter une réponse claire comme de l'eau de roche. Il s'agit d'enlever les œillères, d'ouvrir les yeux et d'accepter la chose telle qu'elle est. Accepter. War Machine, considéré par beaucoup y compris moi-même comme étant un des piliers dans la tracklist et une vraie réussite s'est vu changé en un titre sans plus, qui n'a pas conservé son effet initial. Certes Phil bat comme il peut et comme il a toujours fait, Cliff agrémente par-dessus avec sa ligne de basse et ses chœurs en compagnie de Malcolm mais non, rien n'y fait. La saveur n'est plus la même: le plat se présente sous la même forme mais le goût est bien différent. Smash N Grab poursuit le troc de la considération. En effet, je me souviens n'avoir jamais porté une attention particulière sur ce titre, le reléguant sans souci, sans avoir de remords au stade de titre "quelconque", "anonyme", "sans grand intérêt", collé au qualificatif qu'est "remplissage". La volte-face est aujourd'hui totale, le 180° dans sa plus parfaite exposition. Smash N Grab constitue à présent, pour moi, un chaînon essentiel dans l'évolution Black Ice. En effet, la montée soulignée par Angus avant les refrains certes assez convenus est bienvenue et celui-ci nous gratifie du premier vrai solo marquant de la galette, que j'ai associé sans peine avec ceux de The Furor et Burnin' Alive sur Ballbreaker. Bien aidé dans son entreprise par l'enchaînement de la rythmique de Malcolm, j'ai assisté à un vrai bon moment de musique, loin de ce que j'ai pu retenir des décidément maigres écoutes précédentes. Après coup, c'est le dernier brûlot de la première partie de l'album qui intervient en Spoilin' for a Fight, un meilleur War Machine que War Machine lui-même. C'est ce que j'en ai conclu. Plus remuant et Rock'n'Rollisant, moins lourdingue voire bas du front, il a été avant tout question de plaisir, de feeling, de ressentir les choses. Angus s'en sort avec mention grâce à ses interventions donnant un véritable corps à la chanson et du liant dans la structure de l'ensemble.

C'est à ce moment que je me suis dit lors de l'écoute ayant fait germer en moi la review que vous êtes en train de lire que je m'apprêtais à pénétrer dans le ventre mou de l'album, matérialisé par Wheels, Decibel et Stormy May Day. Les ayant toujours vus comme représentatifs de la faiblesse de la seconde partie de l'album, il serait malhonnête de ma part de dire que j'ai changé de fusil d'épaule concernant le premier bastion de ce trio. Héritier des Shake a Leg et autres Caught with Your Pants Down, je n'y ai encore trouvé qu'en Wheels un morceau sans réelle conviction propre, voulant faire semblant de se donner et de sonner mais qui finit par trébucher en toute logique avec des refrains que l'on pourra, sans avoir honte, qualifier de mauvais. Ce sont donc Decibel et Stormy May Day qui ont eu les faveurs de la réécriture de l'histoire que j'ai entretenu avec ce disque. Le premier est un titre très posé, sans grandes envolées à souligner, ni additifs plombant le tout qui a gagné à être vu davantage comme une transition douce et sobre avec le second, plus féroce et aventureux. Le bottleneck ne m’avait jamais fait l’effet que beaucoup y trouvait à l’époque, je ne peux que seulement souligner cet aspect au présent, sans pouvoir y inclure une once de passé ou d’origine dans les propos. En trois morceaux successifs, j’ai pu réajuster mon jugement sur deux qui à la base ne passaient pas. C’est ainsi que je me suis surpris à en faire de même avec l’album : et si j’avais perdu presque dix ans avec cette fournée marquée au fer de l’an 2008 ? Presque dix ans à le mettre en arrière-plan, sous le feu de comparaisons faciles et d’autres plus dures à assumer publiquement ? Non, trop tôt viendra le temps des regrets. She Likes Rock N Roll fait retomber légèrement la pression imposée par Stormy May Day en revenant dans un schéma plus classique, compréhensible vu celui qui a été utilisé auparavant avec ses artifices. Quelques doutes refirent irruption de mon côté au oins d’entamer Money Made, ayant toujours eu un mal de chien à y faire face et à y tenir tête. Les chœurs ont toujours été responsables de cette affaire. Étrangement, je me suis surpris à apprécier ce que l’on avait à me proposer, à l’instar d’Anything Goes quelques dizaines de minutes plus tôt car j'ai intégré en mon âme que je n'étais plus en guerre contre Black Ice, guerre que je n'ai eu aucune envie de relancer à la suite de la plus belle découverte que j'ai fait depuis des mois et qui se trouvait sous mes yeux depuis le tout début. Rock N Roll Dream.

A l'image de Smash N Grab, je suis bêtement passé autour sans me poser face à cette chanson et lui donner une chance. Au moment où l'on parle, il n'y a plus de Brian Johnson dans le groupe et je n'ai pas pu trouver un meilleur moment dans l'album pour parler de lui. Sa voix, sa bonhomie, ses manières, ses traits de caractère, tout ressort dans ce morceau appuyé par la réverbération et le delay constant sur sa voix, preuve que la production de Brendan O'Brien comporte de vraies intentions et un vrai sens. Plus que la dimension musicale que j'ai pu trouver, c'est la dimension du souvenir que je lui attache désormais. Mon premier contact avec le chanteur à casquette dans le Stiff Upper Lip Live, Brillant Chausson, le t-shirt 22, l'éternel bon pote sympa qu'on ne connait que des chansons, les concerts, aujourd'hui tout ça est contenu dans Rock N Roll Dream peut-être plus que dans mon cœur. De quoi me faire chantonner sur Rocking All the Way et à présent me donner la possibilité de jeter mes dernières forces dans la bataille de la chanson titre, Black Ice, la tête haute.


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Je suis fier. Tout d'abord fier de moi d'avoir pu donner une chance à une œuvre que j'avais jusqu'à présent refoulé par incompréhension, par dédain, par bêtise, quoique la honte d'avoir dû se résoudre à le faire suite à la mort du grand patron me gagne quand même. Évidemment, c'est aussi du groupe dont je suis fier car le fait d'avoir osé des choses, essayé de sortir de ses propres sentiers battus est une plus-value absolue qui joue à 100% en sa faveur. Maintenant que Malcolm est parti, le fait de savoir que le line-up classique s'est achevé sur un bel album, oui, un bel album, me réchauffe le cœur. Black Ice est définitivement ce bel album dans la discographie d'AC/DC, qui a certes ses faiblesses, mais qui comporte en son sein des qualités d'une dimension incroyable et que l'on ne peut aujourd'hui véritablement mesurer. C'est un véritable album de souvenirs, qui a remplacé les photos par le son, et dont on peut prendre un plaisir intense à son écoute si l'envie de lui tendre la main avec honnêteté se présente. Le successeur Rock or Bust, traitant déjà dans l'aspect post-Malcolm, a choisi une voie plus simple, plus sale, plus Flick of the Switchéenne dans l'esprit, de quoi avoir logiquement mes faveurs, ce qui a été jusqu'à présent le cas avant d'avoir à me replonger dans l'ensemble du catalogue. Rock or Bust est un très bon album d'AC/DC, Black Ice est à présent à mes yeux un album qui mérite toute l'attention du monde, surprenant et agréable qui, plus qu'un très bon album d'AC/DC, est un excellent album de ses cinq membres légendaires et de ce qu'ils pouvaient être ensemble en leur temps.

Le temps des regrets m'est arrivé.


:diable:

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