Carnet de route Europe

Zurich, 06 avril 2009, temoignage de Jim

Des années d’attente, puis le jour J arrive.

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Stressé à cause du report du 29 mars, c’est avec de la joie mélangée à de la peur que je me lève en ce lundi 6 avril dans ma ville de Genève. Je ne sais pas ce qui m’attend, mais ce qui est sûr, c’est que cela me laissera à jamais marqué. C’est mon premier concert des Boyz, et je réalise que toutes ces merdes, cette patience et ce combat pour les voir prend fin. Il suffit juste de profiter maintenant.

dsc02047r.jpgC’est avec un esprit calculateur que je m’en vais pour dessiner des cailloux à mon cours de dessin. C.O.D. dans les oreilles, c’est avec un pas élancé que j’y vais. Arrivée en cours, déroulement, marchandage efficace avec ma prof pour qu’elle me laisse me casser un quart d’heure avant, puis retour à la maison. Hop, changement de tenue. On passe du hard rocker au petit écolier, en plus maman a fait un bon sandwich de pain de maïs avec poulet, tomate œuf, la totale quoi. Yeah, ça c’est rock’n roll. Dernier coup d’œil anxieux sur H2, soulagement, et c’est parti mon kiki !!! Je me dirige donc vers la gare dans un bus dans lequel les mémés ne semblent pas connaître AC/DC car elles me regardent tous avec un air attendri. A croire qu’elles n’ont jamais vu Angus Young dans un bus des TPG ! N’importe quoi ! J’arrive donc à la gare peu avant 10h30, lieu où j’avais rendez-vous avec mon rock ‘n’ roll brother, Bob. J’ai déjà croisé quelques personnes qui me félicitent pour mon déguisement. Le problème, c’est que Bob est un peu glandu. Il arrive donc en compagnie de sa copine Nath à 10h42 alors que le train part à 10h45, et il doit prendre son billet. J’ai déjà bouffé la moitié de mes doigts. C’est en lançant Stiff Upper Lip qu’on se rue donc sur notre quai et qu’on choppe de justesse le train. S’en suit alors un bon trajet à échanger des anecdotes sur les Boyz au son de la mandoline angussale et à chercher comment trouver un billet à Nath qui n’en a pas et qui veut s’en trouver un au noir…

On arrive à Zürich et hop, direction le Hallen. On se perd un peu en route, mais on finit par y arriver. Il y a déjà une quinzaine de fans qui me crient tous en cœur « Angus » dès que j’arrive. Yeah, la journée s’annonce bonne (ou Bon, hahaha…hem.) Mais il est temps de nous retirer afin de trouver notre hôtel à 15 minutes de la salle. Une fois les affaires posées, on se boit vite un truc et on retourne devant le Hallen où il n’y a guère plus de monde mais où le stand est déjà ouvert. Autant dire que les prix font TRES mal. J’en ai eu pour deux mois d’argent de poche, mais là il n’y avait pas d’excuse valable pour se retenir… Je me saisis donc d’un poster, de deux paires de cornes, de deux t-shirt dont un que je devais à Bob, un TourBook magnifique, et d’un hot dog, parce que ‘fait faim. Au moins, quand mon petit fils paiera encore mes dettes, il se dira « Oui, mais au moins il a eu ce qu’il voulait ! ». S’en suit alors un moment d’attente assis au soleil où Nath cherche un billet au black pour 200.- maximum (inutile de dire que c’était déjà mort à la base…), et où je m’occupe de brandir fièrement ma petite pancarte H2. Quelques forumeux viennent dire un mini bonjour mais ne restent pas. Alors arrive Dredd, AngusFlo et un pote à eux, Daniel (qui doit d’ailleurs s’inscrire), suivis un peu plus tard de Jul’, Miclo et sa douce et chère, mais Sydney n’est pas encore là, il a un peu de retard. La communauté va donc se boire un pot et immortalise la scène d’une belle séance photo. Retour à la salle, où beaucoup plus de monde est arrivé, puis vient l’heure des portes qui s’ouvrent. Les autres y vont, sauf moi qui suit obligé d’attendre mes deux compagnons. Je finis par les lâcher au bout de 30 minutes, car je vous aime bien, mais pour les Boyz ‘faut pas pousser.

Après un bref passage à la consigne pour déposer mon cartable munis d’enceinte qui a fait danser quelques personnes, je m’engouffre dans la salle et je découvre avec effroi que ma place est très mal positionnée. Je croise alors un gars tout-à-fait super de Lausanne, Eric (qui devrait s’inscrire lui aussi sur le forum sous peu), avec qui on partage le même problème. On tente alors de s’incruster dans la fosse, mais les securitas sont sur leurs gardes et on se fait renvoyer aux gradins, ce qui est étrange, quand on sait que les gars de la fosse peuvent aller dans les gradins alors qu’ils ont payé moins cher… On se positionne alors debout près de la scène (mais dans les gradins) d’où on voit très bien, et Bob me rejoint. Je suis un peu déçu, j'aurais bien voulu être dans la fosse, mais bon, je m 'estime heureux, certains n'ont pas eu la chance de les voir !

La tension monte petit à petit. Plus qu’une heure, tiens justement voilà la première partie ! Le concert ayant été repoussé, The Answer étaient partis pour le Japon quelques temps pour jouer, jusqu’au 14 avril Londre. Redwood les a donc remplacés, à ma grande déception. Déjà qu’ils m’avaient soulé avec la pub télé Fnac de 3 minutes à la sortie de leur album, là ils viennent remplacer un groupe que j’avais vraiment envie de voir, tout ça pour un rock facile et pas bien pêchu. Mais bon, c’est déjà courageux d’accepter de jouer en première partie d’AC/DC et le public les a bien accepté, ils s’en tirent donc bien !

Les lumières se rallument. Entre temps ma copine m’appelle, je vais donc dans les couloirs et j’aperçois dehors une grosse limousine blanche qui passe en direction de la salle. Serait-ce Eux ? Retour à la place, et attente interminable. J’échange des anecdotes, la boule au ventre, tant ce moment a hanté mes nuits et tant je l’ai souhaité.

dsc02131x.jpgLa délivrance arrive à 21h pile : les lumières s’éteignent, et on sent le tremblement du son de la vidéo faire bouger nos entrailles. J’ai limite une larme à l’œil, c’est irréel. L’explosion du train rentrant sur la scène casse toute la frustration de ces années : je vois enfin de mes yeux le petit diablotin se faufiler sur scène pour entamer le riff de Rock ‘N Roll Train. Incroyable, je donne tout ce que j’ai dans les poumons pour chanter le refrain. Brian place dans la foulée un petit mot d’excuse, avant que débute Hell Ain’t a Bad Place to Be, qui est exécuté absolument parfaitement. Quelle vision, ce public qui chante en chœur !!! Back in Black et son riff fait hurler tout le monde, et on pourra noter comme Angus se lâche comme un fou sur l’accélération : un duckwalk à l’envers d’une fougue incomparable ! Vient le tour de Big Jack, ma chanson préférée du nouvel album, qui ne laisse pas de marbre, surtout son refrain où à chaque fois je m’attends à voir Mick Jagger arriver sur scène Arrive le premier moment absolument intense de ce concert : Dirty Deeds Done Dirt Cheap. « Special song for you Zürich », pas sûr, mais par contre ils se sont pas foutu de nous ! Je me suis littéralement bousillé la voix en imitant la voix dégueulasse des chœurs à la fin du refrain : « Dirty Deeds and Done Dirt Cheap ». Magique, le public participe vraiment bien depuis là où je suis. Shot Down in Flames fait sauter la foule avec son feeling rock ‘n roll incomparable, on aura même le droit à Brian qui se moque d’Angus à moment car ce dernier s’était un peu planté ! Autre moment magique de ce 6 avril : Thunderstruck. Tout y est : du public qui crie en chœur ces « Thunder !!! », au solo grandiose où Angus, comme à Donington, duckwalk au-dessus d’une rangée de vitre qui surplombent une caméra, ou encore ces chœurs virils qui font clichés mais qui ne peuvent pas ne pas foutre un frisson. Une chanson qui m’a fait rêver, la représentation de la gloire du rock, c’est juste incroyable de le vivre. Petit bug cependant : Angus a un peu de peine au début de l’intro, et Brian commence trop tard le refrain, ce qui fait que je suis le seul dans le Hallen à crier « Thunderstruck !» avec Malcom et Cliff. Grand moment de solitude. Comme me le fera remarquer Miclo à la sortie, je chante mieux que Brian !

dsc02127j.jpgC’est au tour de Black Ice. N’étant pas un grand fan de cette chanson, j’en profite pour prendre quelques photos, car j’aime bien l’effet du groupe avec ces grands écrans affichant le logo de Black Ice. Bonne interprétation, mais pas indispensable. Là où ça envoie sévère, c’est sur The Jack. Un moment de franche camaraderie : tout le monde est bras dessus-dessous à chanter « She’s got The Jack ! », un beau moment d’amitié avec tous ces fans avec qui on partage tous la même passion. Strip-tease d’Angus bien agréable bien qu’un peu vite expédié, mais on voit que le groupe s’amuse comme un fou, surtout Brian qui s’amuse à reluquer les demoiselles du premier rang et à se marrer avec le petit soliste. Les lumières s’éteignent, mais juste pas assez, de façon à voir la cloche descendre. Hystérie, c’est Hells Bells. Je suis comme un demeuré entrain de pointer la cloche du doigt. J’appelle un pote resté à Genève, qui assistera à une version incroyable, puissante, où on sent qu’on a vraiment affaire au plus grand groupe de hard rock ‘n roll de l’histoire. Mon état ne s’arrange pas quand arrive Shoot to Thrill, avec son break surréel, parsemé de lumières dans tous les sens. Je n’arrive pas à réalise tout ce que je vois. Jamais je n’aurais pensé voir quelque chose de si puissant et de si parfait. Notre chanteur annonce la machine de guerre, la War Machine. Très bon moment, avec cette vidéo assez drôle quoiqu’un peu mal faite.

Black Ice est à l’honneur : c’est au tour d’ Anything Goes. J’aime assez bien cette chanson, et ce live me l’a confirmé. Mention spéciale au solo, assez délire et très rock ‘n roll. On reste dans le FM : You Shook me All Night Long. Les Boyz nous livrent là une leçon de feeling, qui fait danser tout le monde. Brian décide enfin de chanter les « You » du refrain, contrairement à avant où il les hurlait. Changement de style, le riff basique de TNT et ses « Oï » endiablés font vibrer le Hallenstadion, avec ses flammes sur le refrain. Rosie prend ensuite place sur la locomotive, laissant les champs libre aux fans de crier de moult « Angus ! », qui parsèmeront tout le long cette chanson formidable qu’est Whole Lotta Rosie. Un vrai moment de plaisir (non, il n’y a pas de sens caché !). Au premier coup de caisse clair, j’ai su ce qui allait suivre : Let There Be Rock. On allait assister au plus grand moment du concert, mais aussi au plus grand moment de musique que je n’ai jamais vécu. C’est l’apothéose, le Paradis de la musique, la messe du Rock ‘N Roll, le culte des décibels. Angus se livre à un solo cinglé que personne n’arriverait à tenir : tantôt scène, tantôt plateforme, tantôt parterre, tantôt au dessus de la batterie. La rythmique ne bouge pas, Brian se lâche. Au moment où Angus se jette à terre, je remarque une chose incroyable : les gens sont en transe : tout le monde danse, hurle, c’est indescriptible. De tout ce que j’ai vécu dans ma vie, jamais je n’ai été dans une situation aussi inexplicable : AC/DC auraient trouvé le moyen d’hypnotiser les gens ? Auraient-ils trouvé la fréquence qui met en transe ? Moi aussi je suis dans un état second. On m’aurait dit ce que je viens de dire avant que je les voie, j’aurais éclaté de rire, mais maintenant que je l’ai vécu, je ne pourrai que confirmer. Je ne m’en suis d’ailleurs toujours pas remis, mes cordes vocales non plus d’ailleurs ! Mention spéciale à l’animation sur les écrans : j’ai trouvé le concept du jeu des animations des pochettes vraiment extra et ça mettait bien en valeur le côté « historique » du groupe. Angus improvise un long solo en tête à tête avec son public qui lui est définitivement acquis, avant de disparaître. Quelques minutes plus tard, il revient depuis le sol, comme le diable sortant des enfers. Entre-temps, des cornes lui ont poussé. Le riff d’ Highway to Hell fend la nuit, fait se soulever la foule. Une fois l’hymne ultime passé, c’est l’heure de l’inévitable For Those about to Rock. Moment magique, où les canons font vibrer jusqu’à la moelle. Jamais je n’ai autant gueulé que sur les « Shoot ! » de la fin. AC/DC finit son concert magistralement, avec de partir en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Une minutes de suspens fait espérer un éventuel „rappel-excuse“, mais en un sens, il y aurait vraiment fallu les rappeler pendant un bon moment pour les faire revenir. On ne va pas se plaindre, après ce qu’on vient de vivre !!!

Après être sorti et après avoir récupéré les affaires, on se dirige vers les membres du forum, avec Sydney en plus (qui est d’ailleurs une personne tout à fait charmante, un vrai plaisir de le rencontrer !). Après avoir vite échangé ses impressions, on dit au revoir à une partie du groupe, puis on décide avec Dredd, Bob, AngusFlo et le dénommé Daniel d’aller faire les groupies en chaleur et de les attendre à la sortie du parking. Pendant l’attente, je fais la connaissance de Chrisgaubla qui ma foi est bien sympathique, et d’un bourré un peu lourd que comme d’un commun accord les membres d’H2 dénommeront Lemmy, qui collera tout le monde jusqu’à tard dans la nuit. Après un moment d’attente, une femme sort du parking et se dirige vers moi. Elle me demande de prendre une photo avec moi, ce que j’accepte (j’ai du être pris en photo au moins 20 fois ce jour-là !). Elle me dit alors d’attendre deux secondes avant de me sortir trois médiators de Cliff !!!

(Round 2 !)

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Elle me dit qu’elle les a pris là où Cliff les avait laissés dans sa loge après le concert ! Après l’avoir chaleureusement remercié, j’en file un à Bob, j’en garde un pour ma copine et un pour Bibi ! Malheureusement on ne verra pas les Boyz, qui étaient apparemment partis avant qu’on vienne. Il y a bien eu cette limousine d’où est sorti une main qui nous a salués, mais rien de bien précis ! Le moment fut pour nous de rentrer à l’hôtel prendre un repos bien mérité. Le retour du lendemain se fit dans le train avec les mêmes que la veille, je vous passe l’épisode de l’hôtel où on a déclenché de manière non intentionnelle l’alarme de la sécurité, avant de détaler comme des lapins.

Du coup je suis à moitié triste et à moitié heureux. Triste, parce que jamais je ne revirai le plaisir de voir AC/DC pour la première fois, mais heureux, car ce n’est qu’un au revoir, je compte remettre ça un jour, sans faute. Merci AC/DC pour se jour gravé à jamais dans ma mémoire, et merci surtout à H2, pour sa chaleur humaine et son fun que j’ai eu le plaisir de retrouver dans chacun de ses membres présent sur place ! Que de chemin parcouru depuis ce jour où j’entendis les premières notes de Hard as Rock…Now, I’m harder than a rock…

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Jim, alias Hard-as-Rock


Merci !
H2ACDC Team



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