Paroles et traductions

Gone Shootin'

Auteurs : A. Young - M. Young - B. Scott

Feel the pressure rise
Hear the whistle blow
Bought a ticket of her own accord
Yeah to I don't know
Packed her heart in her travelling bag
And never said bye bye
Something missing in the neighbourhood
All the cryin' eyes
I stirred my coffee with the same spoon
To her favourite tune
Gone shootin'
My baby's gone shootin'

Wrapped herself around
Like a second skin
Backed her favourite nag
But she could never win
I took her number in another town
She took another pill
She was 'runnin' in' on overdrive
A victim of overkill
She never made it past the bedroom door
What was she aiming for?
Gone shootin'
She's gone, gone gone gone
(solo)

Gone shootin'
My baby's gone shootin'
Ow ! Lookout !
(Gone Shootin')
Aaah! my baby's gotta gun
(Gone Shootin)
hey look out, look out, look out, look out!
(Gone shootin)
Ahh She's shootin everyone!
(Gone shootin)
Ah she sure is loaded
She's gone, she's gone, she's gone, she's gone
Gone shootin

I used to love her so


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Partie pour un shoot

Tu sens la pression qui monte
Tu entends le sifflet qui retentit
Elle a acheté un ticket de son plein gré
Pour je ne sais où
Elle a rangé son cœur dans son sac de voyage
Sans jamais dire au revoir
Il y a comme un vide dans le quartier
Tous ces yeux embués
J'ai remué mon café avec la même cuillere
En écoutant son air préféré
Partie pour un shoot
Ma chérie est partie se shooter

Elle s'est enroulée
Comme dans une seconde peau
Elle a misé sur son canasson préféré
Sans pouvoir jamais gagner
J'ai pris son numéro dans une autre ville
Elle a pris une autre pilule
Elle était à fond les balais
Victime en surrégime
Elle a jamais réussi à franchir le seuil de la chambre
Qu'est-ce qu'elle cherchait à avoir
Partie pour un shoot
Elle est partie, partie, partie …

Partie se shooter
Ma chérie est partie se faire un shoot
Attention !
Ma chérie a un flingue
Fais gaffe, fais gaffe, fais gaffe
Elle tire sur tout ce qui bouge !
On peut dire qu'elle est chargée
Elle est partie, partie …
Partie pour shooter

Je l'aimais tant

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Commentaire :

Faut-il préciser que cette chanson est, musicalement, un chef d'oeuvre ? Je crois qu'il faut commencer par là : ce titre bluesrock, un peu dans l'esprit keithrichardsien au niveau du riff, suscite une certaine mélancolie vigoureuse, si on peut user de ce paradoxe. Or, le texte de Bon (aucun doute possible sur l'auteur) colle parfaitement à cette ambiance.

Si le DC post-Bon met en scène de vilaines filles, sur le mode « salope couche toi là » voire « salope » tout court (cf. mes efforts sur Evil Walks), l'époque Bon est plus tendre, plus drôle ou plus nuancée quant à l'image des femmes, sujet récurrent o combien chez AC/DC . On pourrait croire que la veine « je te baise » est liée à Bon et à son style de vie ; or il n'en est rien, car si Bon parle de baise et de femmes tant et plus, il le fait rarement sous un angle grossier ou unilatéral, comme ce sera trop souvent le cas par la suite.

En fait, Gone Shootin est même triste (oui oui, je sais, ça surprend chez AC/DC). Sans pathos, sans larmes, mais triste.

C'est l'histoire d'une fille qui se barre sans dire adieu (le sifflet qui retentit, le billet qu'elle achète, pour un endroit inconnu), plaquant son mec, même si ce n'est que sous-entendu : la pression monte (le couple bat de l'aile, il y a un truc qui colle pas), elle ne dit pas au revoir, il cherche son numéro dans une ville où il pense qu'elle a pu aller ; on sent le narrateur (Bon) à moitié au fond du trou : il se repasse en boucle leur chanson préférée, il projette sur l'environnement/le quartier qui pleure le fait qu'elle a laissé un vide dans sa vie, il écoute son morceau préféré en touillant son café, la mort dans l'âme (with the same spoon, tout a changé sauf qu'en apparence rien n'a changé).

La raison de tout ceci ? La fille s'est barrée pour « shooter », se faire un shoot, SE shooter ; si à la fin, Bon joue sur les mots en assimilant shoot de drogue et le fait de tirer (avec un flingue), ce n'est que pour insister sur le caractère mortifère de cette dépendance. Sa chérie n'arrive même plus à se traîner jusqu'à la porte de sa chambre, elle avale pilule sur pilule. Elle a endossé le mauvais cheval : elle part en vrille, à ce jeu là, « elle ne pourra jamais gagner ».

Texte évidemment autobiographique, maintenant que j'ai lu les bios de Bon : 1978 : Bon et « Silver », sa grande copine fixe pendant les années 77-78, fin de l'amour, en tout cas rupture ; Silver, droguée, de plus en plus junkie … Fin d'une des grandes 'love affairs' de Bon.

La tristesse est perceptible, l'amertume aussi. 1978.

1979 : Highway to Hell. Bon affirme vouloir faire des textes plus « light », récusant la veine plus sombre de Powerage (cf. aussi l'explic de What's next to the moon dans ces pages). Sexs drugs et rock and roll.

Verdict : Perso, les textes de Powerage me semblent beaucoup, beaucoup plus authentiques et sincères . Meilleurs ? Meilleurs. Et sans commune mesure avec les textes actuels.

Iangillan