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20 ans après... retour à Miraval (5)

Ont-ils composé en studio ou la pré-production avait-elle déjà été réalisée ?

Quand ils sont arrivés, tous les titres étaient déjà maquettés. Comme la plupart des grands groupes qui ne veulent pas perdre du temps à créer en studio. Alors, c’est sûr, quelques idées, quelques modifications mineures de riffs se présentaient, mais à ce stade, les compositions étaient validées. Ils les connaissaient par coeur, ce qui explique aussi qu’ils effectuaient peu de prises.

Le plus souvent ils jouaient tous ensemble. Mais attention, chacun isolé dans son espace. Ce n’est pas comme un enregistrement « live » où tout le groupe est dans la même pièce, avec un micro descendant du plafond pour capter le son. Ce que je veux dire, ce qu’ils ne venaient pas chacun à leur tour pour faire leurs prises, mais que le plus souvent ils jouaient tous ensemble. Bien sûr, il arrivait qu’ils refassent certaines petites parties individuellement.

Le pivot, c'est quand même la batterie. Il faut qu'elle soit bien en place. La basse et les guitares venaient ensuite, et la voix était enregistrée à la fin. Rien de bien exceptionnel dans cette façon de travailler adoptée par tous les pros.

Mine de rien, ça doit être enrichissant sur le plan humain de vivre comme ça quelques mois dans l’intimité d’artistes de renommée internationale. En tout cas, à ce stade de la conversation, c’est comme si je ressentais leur présence dans la pièce. Drôle de sensation, mais pourtant bien réelle. Après tout, ils ont « habité » ces lieux pendant près de deux mois, et ont semble-t-il, laissé des souvenirs vivaces derrière eux.

Angus and Co : des professionnels... à 130 Db !

Et le groupe, qu’en avez-vous pensé, vous qui avez vu passer de nombreuses personnalités de la musique ?

Là encore, j’ai vu des professionnels. Derrière le succès, il y a toujours une bonne raison. On ne fabrique pas un artiste du jour au lendemain. On peut faire des étoiles filantes, à coup de pub, mais ça ne dure pas.

Je venais les écouter un peu, parce que ce sont des gens assez impressionnants et intéressants.

Brian... il a une voix ce gars... extraordinaire ! Qui se marie bien avec l’esprit du groupe d’ailleurs. Il a une puissance vocale phénoménale. Il chantait là, derrière la console. Il avait le retour-son sur les petites « écoutes ». Et une énergie... Il voulait chanter en « cabine » mais il développe une telle puissance que ça posait des problèmes. Les écoutes sont très fortes, et il provoquait un effet Larsen avec son micro. (le son de la voix de Brian, sortant des enceintes, était recapturé par son micro, d’où l’effet Larsen, ce sifflement insupportable).

Angus jouait de la guitare lui aussi au même endroit, là où nous sommes (dans la cabine d’enregistrement) parce qu’il voulait s’entendre à travers l’écoute. Lui si calme dans la vie, vous lui mettiez une guitare dans les mains, il devenait comme fou. Il dansait, il sautait dans la cabine. La passion... Et tout était « réel », il jouait sur Marshall, point barre. En 1987, on ne parlait pas encore vraiment d'informatique.

Ils ont la réputation de jouer très fort sur scène ? Ça se passait comment à Miraval ?

AC/DC jouait vraiment à fond. Et ils écoutaient à fond. Dans la cabine, je peux atteindre 130 dB ! Et bien ils m'ont cassé des haut-parleurs ! Les bobines cramaient, les membranes se décentraient ! C’est certain, ce n'est pas un groupe qui joue calmement, il leur faut des décibels.

C’est un métier où l’on devient sourd vous savez. De toutes façons, quand vous êtes en studio, si vous voulez entendre le son d'une guitare, vous vous placez devant l'ampli, et vous mettez la tête dans le Marshall. Et quand Angus ou Malcolm jouent, vous en prenez plein la poire ! (rires)
Maintenant les jeunes sont beaucoup plus raisonnables que nous l'étions. Ils travaillent beaucoup sur les petites écoutes de la cabine.

Brian sur Hardforce Magazine décembre 1987

"J'ai d'abord retrouvé Angus et Malcolm à Sydney. Nous avons parlé de cet album avec Vanda et Young, puis nous avons composé les nouveaux morceaux, répété d'avril à juillet en Australie, et enfin enregistré à partir du 10 août, je crois.

Nous sommes descendus dans le sud de la France, afin d'enregistrer au studio Miraval où tout s'est bien déroulé. Les gens que nous avons cotoyé ont réellement formidables avec nous.

Nous avions emmené Tom Swift et Roy Cicala, résidants à New York, qui devaient travailler comme ingénieurs du son. Chacun avait déjà collaboré sur "Who Made Who". Les types de Miraval nous ont vraiment filé un gros coup de main, particulièrement Patrice Quef et Jean-Jacques Lemoine qui avaient bossé sur l'album de Chris Rea. Nous avons eu un temps superbe et moi qui aime bien manger, j'ai été véritablement gâté ! ....

... En fait le studio en lui même a une très bonne réputation. Nous avons réellement pris du bon temps à enregistrer cet album. De toute façon, le groupe n'a pas eu l'occasion de profiter du beau temps, il était là pour travailler. Nous avons juste pris un "Day Off" et un week end, pendant lequel nous sommes allés à Cannes. On arrivait au studio le matin à dix heures et on finissait à minuit tous les jours, parfois même à deux heures du mat.

Nous n'avons cependant jamais eu autant de plaisir à faire un album; les gens du village Le Val, dans lequel le studio se trouve, ont été formidables. Nous étions souvent fourrés dans ce troquet, "le café des sports", au Val. Nous tenons à remercier tous ces gens. L'album fut très facile à réaliser grâce à ces personnes, et par conséquent, l'album n'en est que meilleur, en d'autres termes, excellent. A mon avis, il s'agit d'un des meilleurs d'AC/DC. A noter, qu'il s'agissait également de mon premier album avec Vanda et Young."

 

 

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